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Anecdotes du Cyclisme


Publiée le par Jean Marc Sotty

LE JOUR où Roger Rivière chuta (10 juillet 1960)

Anecdotes du Cyclisme

 LE JOUR où Roger Rivière chuta (10 juillet 1960) Après une journée de repos, les coureurs du 47ème Tour de France prirent, le dimanche 10 juillet 1960, le départ de la 14ème étape Millau-Avignon (217 km). Midi avait sonné, la messe était dite, le soleil grillait les Causses quand le peloton attaqua le premier obstacle de la journée le col de Perjuret au pied du massif de l' Aigoual. Le sommet franchi, Roger Rivière tenta de suivre à tombeau ouvert, le leader de l'épreuve Gastone Nencini, extraordinaire descendeur. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Dieu n'était pas avec Rivière ce jour-là.Vers la fin de la descente, au détour d'un virage, Rivière percuta un bloc de pierres bordant la route, bascula dans le vide pour finir par s'écraser dans un ravin 20 mètres en contrebas, les reins brisés. L'un des rares à le voir disparaître fut son fidèle lieutenant au sein de l'équipe de France, Louis Rostollan. «Roger a tombé! Roger a tombé!» (sic) s'époumonait-il, en faisant de grands gestes, à l'adresse des coureurs, suiveurs et journalistes. Promptement accourus les secours hissèrent dans un champ, à grand peine et avec d'infinies précautions, le champion français, pauvre pantin désarticulé, puis dans un hélicoptère qui, entre-temps, s'était posé, dans l'enclos d'un vieux paysan. Celui-ci regarda avec respect l'aéronef brasser l'air puis s'envoler vers l'hôpital de Montpellier. C'est alors qu'il poussa un hurlement et parla d'aller chercher un fusil. Sa récolte de haricots était foutue, six mois de labeur pour rien et 50 000 francs (anciens) perdus. Sombre dimanche! La carrière du stéphanois, détenteur du record du monde de l'heure, prit définitivement fin ce jourlà. Il avait 24 ans. A demi paralysé et drogué au Palfium, un puissant analgésique, pour calmer ses douleurs (mais n'a-t-on pas dit qu'il se dopait à ce produit qui n'aurait pas été étranger à son accident), il est décédé à 40 ans en 1976. Très librement inspiré et adapté des chroniques d'Antoine Blondin sur le Tour de France entre 1954 et 1982 publiées dans «L'Equipe».- Edition de La Table ronde .-Article du 11 juillet 1960.

BL

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1 commentaire

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Jean Marc Sotty

Jean Marc Sotty le 18 février 2026 à 18:00

Bravo Bernard, Tu t'es échappé brillamment du peloton...
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